« Mon nom est Arthurine, j’ai 26 ans, je travaille ici, je vis là, je suis l’amie/l’épouse d’untel, etc, etc… »

C’est souvent comme cela que l’on répond lorsqu’on nous demande qui nous sommes. En effet, ces références sont utiles pour que notre interlocuteur arrive à se positionner par rapport à nous, à intégrer l’existence de l’être en face de lui dans le réseau compliqué des relations humaines qui s’affiche alors dans son esprit.

Notre nom, notre sexe, notre travail: est-ce vraiment là ce que nous sommes? Et si ce n’était là que des masques, des couches superficielles derrière lesquelles nous pensons avoir à nous cacher, qui enveloppent l’être que nous sommes réellement ?

La Sanatana Dharma, par ignorance souvent appelée « hindouisme », est un philosophie originaire de l’inde qui s’appuie sur des textes sacrés tels que les Upanishads et les Védas, écrits pour certains il y a plus de 5000 ans. [je referai un article dédié au Sanatana Dharma, étant donné l’ampleur ineffable de ce que cela représente.]

Ok, essayons maintenant de comprendre, à l’aide de termes simples comment ces textes peuvent nous aider à comprendre ce que nous sommes.

Pour pouvoir parler de l’Ātma (ou Ātman), il faut d’abord que je parle du Brahman. Le Brahman est l’Absolu. C’est ce qui n’a ni début ni fin, ni création, ni créateur, qui comprend toute chose qui existe, a existé et existera jamais. Tout, tout est Brahman. C’est comme un océan primordial duquel tout émerge et vers lequel tout revient. Rien ne cesse jamais d’être Brahman et rien ne peut conceptuellement exister en dehors de Brahman. Brahman n’est pas une divinité en laquelle on choisit de croire ou non. C’est le principe essentiel de Tout ce qui est, qui existe indépendamment de toute croyance.

Prenons, pour représenter Brahman, l’image de toute la masse d’eau présente sur la Terre: Si Brahman était l’ensemble de toutes les eaux, celle des fleuves, des mers, de la pluie, du sang, de l’air, etc…, alors Ātman serait une goutte. En effet, une goutte de pluie a l’air effectivement séparée du reste des autres corps d’eau pendant que la gravité anime son éphémère course dans l’athmosphère. Mais lorsqu’elle retombe dans l’océan, peut-on vraiment dire que la goutte soit séparée du reste de l’océan?

De même, Chaque Ātman est une partie de Brahman qui, semble-t-il est individuelle, mais qui en réalité fait partie du Tout. En chaque être réside Ātman, une goutte individuelle de l’océan universel qu’est Brahman. Les êtres physiques naissent, meurent, se transforment, mais l’Ātman en chacun de ces êtres, à l’instar de Brahman, est éternel et inchangeable.

Le terme occidental le plus proche du concept d’Ātman serait l' »Âme », bien qu’un brouillard de confusion entoure ce mot, qui est employé pour parler de différentes composantes de l’être (comme le corps astral, le corps éthérique…), donc pas forcément de l’essence immuable, pure et éternelle de l’Être qu’est l’Ātman.

Ok mais quel est le rapport avec le Yoga?

Yoga, est un mot qui désigne deux choses différentes:

  • d’une part la réalisation spirituelle ultime (moksha), qui est de faire l’expérience totale de n’être autre chose que l’Ātman: en pratique, cela signifie que derrière le mot « Je », ce n’est pas juste moi, Michelle qui parle mais c’est en fait tout l’univers, c’est Brahman qui s’exprime au travers de l’Ātman qui est en moi. En ce sens, le Yoga est un état, et non une action.
  • d’autre part, le Yoga désigne, et cette partie de la définition est plus moderne, toutes les techniques qui permettent d’arriver à cet état d’Union universelle que nous venons de mentionner.

Voilà, maintenant que vous avez les bases conceptuelles, vous serez peut-être ammené.e à comprendre le raisonnement qui m’a fait adopter « Ātma Yoga » comme le nom de ce site: le but de l’ensemble des techniques qu’englobe le Yoga est que chaque personne qui les pratique puisse délier les tous les noeuds karmiques (je reviendrai sur ce terme dans un autre article) qui l’empêchent de se rendre compte que nous sommes l’Ātman, et qu’en cela nous sommes Brahman: nous sommes un avec l’Univers et toute chose qu’il contient.

Oui, c’est bien cela le but du Yoga. Le progrès ne se mesure pas en l’exécution parfaite de postures compliquées ni en le nombre de « trucs spirituels » qu’on a fait dans sa vie, mais par l’intention derrière chacun des actes du quotidien. Par la quantité d’attachement que l’on ressent pour des choses éphémères. Par la paix qui découle de notre vision de Qui que nous sommes vraiment, et la Joie équanime que nous éprouvons à incarner l’Univers tout entier au milieu de l’impermanance d’une modeste vie humaine.

[image: Sri Yantra, motif traditionnel de l’Unité divine, représenté par l’artiste Harish Johari]

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